En l’honneur de l’Année internationale des coopératives des Nations Unies, nous mettons en lumière certaines coopératives québécoises tout au long de l’année. Ce volet de cette série de mini-entretiens est consacré à L’Alouette, coopérative langagière, basée à Sherbrooke. Nous avons interviewé l’équipe, et nous sommes content·es de vous partager leurs réflexions sur la transition à travailler en modèle collaboratif, l’influence de AI sur le milieu de traduction et encore plus.
Pourquoi avez-vous choisi le modèle coopératif (et le type spécifique de coopérative que vous avez choisi, par exemple, solidaire, de travailleurs, de producteurs, d’utilisateurs, etc.
La coopérative, c’est une forme juridique qui est tout à fait en adéquation avec notre vision du travail, qui représente un milieu de vie axé sur la coopération, le transfert des connaissances, la croissance personnelle et le soutien interpersonnel. Le choix de la coopérative de travailleurs s’est donc imposé de lui-même, à l’image de notre vision. Dès le tout début du projet, nous avons envisagé l’entreprise comme un moyen de former la relève dans un milieu qui évolue très vite. Offrir des conditions de travail stables et valorisantes nous permet d’assurer le professionnalisme, l’engagement et la motivation des membres travailleur·euses.
Quel a été le plus grand défi dans le processus de création et/ou de gestion de la coopérative?
Notre plus grand défi reste l’intégration des pratiques de collaboration. Avant la création de la coopérative, les trois membres fondateur·trices étaient travailleur·euses autonomes en traduction et en révision, dans différents domaines de spécialité. Nous avions l’habitude de travailler seul·es et de prendre nos propres décisions sans l’avis des autres. Nous avions le désir de collaborer, mais ce n’était pas une pratique complètement intégrée dans nos coutumes individuelles. Le passage du travail en solitaire au travail d’équipe est un processus d’adaptation qui a nécessité beaucoup d’énergie et qui se fait encore sentir par moments.
Quand on part du solopreneuriat pour évoluer vers un modèle collaboratif, il est facile de conserver ses vieux réflexes et de travailler en silo. Nous avons dû partir de la base pour mettre en place de saines pratiques de gestion collective de l’équipe et des projets.
Toute la question de la gouvernance était également nouvelle pour nous et a nécessité plusieurs ajustements depuis nos débuts.
Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ou le conseil que vous donneriez à quelqu’un d’autre qui envisage de créer une coopérative?
Je conseillerais à n’importe qui souhaite créer une coopérative de bien s’entourer. L’accompagnement que nous a prodigué Réseau COOP a été formidable. Nous avions déjà une excellente idée de la direction à prendre et de nos valeurs, de notre fonctionnement idéal et de nos produits, mais le calendrier prédéfini imposé par le Parcours Coop et l’appui fourni lors de la phase de prélancement a été un véritable facteur de succès pour nous. Cet accompagnement nous a permis de combler l’écart entre nos rêves et la réalité.
De quoi êtes-vous le plus fier ou fière à propos de votre coopérative?
Nous sommes fiers de mettre l’humain au cœur de tout ce que nous faisons. L’industrie de la traduction, du moins pour ce qui est des grands joueurs, se trouve à délaisser la qualité au profit de la quantité. Ce phénomène s’explique entre autres par l’arrivée massive de l’intelligence artificielle et des outils de traduction automatique, qui amènent les gens à penser qu’il est possible de produire des textes sans l’intervention d’un·e professionnel·le.
Ces outils, lorsqu’ils sont bien utilisés, sont de véritables moteurs de productivité, mais nous constatons plutôt que la traduction automatique, ou neuronale, est utilisée au profit de la vitesse et du volume, sans égard à la qualité linguistique et à la personnalisation du texte pourtant nécessaires à une communication efficace.
Notre coopérative se fait un point d’honneur d’adapter ses services linguistiques aux besoins particuliers de chaque client. Notre objectif est donc de tirer le meilleur parti des avancées technologiques en misant sur le service-conseil, et, avant tout, sur la valeur ajoutée qu’apporte au client l’intervention d’un·e professionnel·le.
La collaboration entre un client et une équipe de traduction s’inscrit dans une dynamique d’échange, de conseils langagiers et de confiance. Nous nous efforçons de prouver qu’en 2025, un cabinet de traduction peut toujours allier qualité et approche humaine tout en tirant son épingle du jeu.
Le thème de cette année est « Les coopératives construisent un monde meilleur », et nous pensons que ce changement commence dans nos communautés. Comment votre coopérative fait-elle de votre communauté un meilleur endroit où vivre?
En offrant d’excellentes conditions de travail à nos membres, la coopérative favorise leur stabilité économique, sans compter leur santé mentale et physique. Mis à part le salaire concurrentiel, en tant que membres, nous avons aussi la possibilité d’aménager notre horaire et de travailler d’où bon nous semble, ce qui augmente considérablement notre autonomie et notre bien-être.
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